| Sarkozy dans le chaudron congolais. |
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Hubert Coudurier 27/03/09
Ce qui ne devait pas porter chance à Laurent-Désiré Kabila, le guérillero du Katanga, assassiné en janvier2001. Malgré ses difficultés d'élocution, son fils Joseph, qui avait été chef d'état-major des Armées, se faisait élire cinq ans après avoir été désigné pour la succession (*).
En louant lors de son discours au parlement le courage du président Kabila ayant su tendre la main au régime de Kigali, Nicolas Sarkozy aura cependant choisi son camp. Peu importe que certains lui reprochent d'avoir voulu brader le Congo pour se réconcilier avec le Rwanda. L'important était d'atténuer le courroux de Kabila après que le président français eut maladroitement appelé au partage des richesses nationales. Lesquelles prolifèrent comme chacun sait en minerais (or, diamants, cuivre, etc.).
Une fois son hommage rendu au premier pays francophone du monde (65millions d'habitants, soit légèrement plus que la France), mais aussi au géant de l'Afrique que ses classes dirigeantes pillent allègrement et avec lequel les échanges économiques français restent insignifiants, Nicolas Sarkozy s'éclipsait vers des cieux moins hostiles. De l'autre côté du fleuve, à Brazzaville, l'attendait un climat apaisé, une prospérité retrouvée après la guerre civile qui, une décennie auparavant, permit au président Denis Sassou-Nguesso de reprendre le pouvoir avec l'appui des réseaux Pasqua. À quelques mois de l'élection présidentielle, le chef de l'État français a rappelé que dans son discours du Cap, il avait annoncé le toilettage des accords de Défense permettant à la France de venir au secours des dictateurs africains en difficulté. «La France, dans aucun pays, ne soutient aucun candidat», a martelé Nicolas Sarkozy, ajoutant «mes compatriotes ne le comprendraient pas», et «les Africains ne l'accepteraient pas».
Profil bas donc malgré l'évocation des grandes heures du gaullisme qui fit, durant la Seconde Guerre mondiale, de Brazzaville sa capitale et le «refuge de notre honneur. et de notre indépendance». Réaffirmant sa volonté de rupture avec la «Françafrique», le président français n'en avait pas moins invité dans sa délégation Patrick Balkany et Robert Bourgi, deux symboles des pratiques du passé. Comme quoi, pour reprendre une expression célèbre de Charles Pasqua, les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent.
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Conscient que la situation en Afrique équatoriale, en particulier en RDC et dans la région des Grands Lacs, souffre d'instabilité chronique, Nicolas Sarkozy a adopté hier sur place le ton de l'apaisement.

