| L'armée congolaise, responsable, de milliers de viols demeurés impunis. |
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Le Monde 18/07/09
Elle a 15 ans et habite Kihonga, dans le Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Elle a raconté l'inimaginable aux enquêteurs de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW), qui l'ont inclus dans un rapport publié à Bruxelles, jeudi 16 juillet. L'ONG Oxfam rappelait, mardi, que 800 000 personnes ont aussi dû fuir leur domicile face aux violences, au cours des six premiers mois de l'année. Selon HRW, les victimes de viols commis par l'armée sont souvent des enfants (65 %), parfois âgés de moins de 10 ans (10 %). "Les auteurs des viols et enlèvements sont essentiellement des soldats de l'armée régulière (FARDC), mais aussi d'anciens rebelles de l'opposition armée intégrés dans les forces armées, voire des civils", explique Juliane Kippenberg, une experte de HRW. La justice militaire n'a condamné, en 2007, que 27 soldats présents dans les deux provinces du Kivu. Les enquêteurs de HRW ont interrogé des militaires congolais. L'un d'eux, membre de la 14e brigade des FARDC, racontait en mars : "Nous vivons comme des chiens, aux crochets des civils, leur mendiant des bananes. Cela fait trois mois que nous n'avons pas été payés ou reçu quelque chose à manger..." HRW recense quelques améliorations (campagne contre l'impunité, action de la Cour pénale internationale...) mais déplore l'inaction contre les sous-officiers et officiers, personnages "puissants et intouchables, traités comme tels par les dirigeants politiques et militaires". Jean-Pierre Stroobants (avec Christophe Châtelot à Paris) Article paru dans l'édition du 18.07.09.
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