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Nouvelles en bref

RDC: l'opposant Etienne Tshisekedi appelle à la grève générale à partir de lundi.

AFP

27/01/12

etienne_tshisekedi.jpgBRUXELLES — L'opposant Etienne Tshisekedi, qui s'est autoproclamé président élu de la République démocratique du Congo (RDC), a lancé vendredi un appel à la grève générale dans son pays lundi "et jusqu'à nouvel ordre" dans une déclaration à l'AFP.

"Lundi 30 janvier, il faut qu'il y ait une grève générale sur l'ensemble du territoire national et jusqu'à nouvel ordre", a déclaré par téléphone depuis Kinshasa M. Tshisekedi, qui a rejeté les résultats de l'élection présidentielle du 28 novembre 2011 qui le classait deuxième derrière le chef de l'Etat sortant et officiellement réélu Joseph Kabila.

Jeudi, la police avait empêché M. Tshisekedi, 78 ans, de quitter les abords de sa résidence dans la capitale congolaise et dispersé ses partisans venus pour "l'accompagner" jusqu'au palais présidentiel.

 
RDC: report "sine die" de l'annonce des résultats des législatives.

AFP

24/01/12

KINSHASA — L'annonce des résultats des élections législatives de fin 2011 en RD Congo, qui devait être faite jeudi, est reportée "sine die", notamment pour gérer "en toute impartialité" les recours et réclamations, a-t-on appris mardi auprès de la Commission électorale.

"Nous avons reporté sine die" la publication des résultats complets provisoires des législatives du 28 novembre, qui avait déjà été reportée du 13 au 26 janvier, a déclaré à l'AFP Jacques Djoli, vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

"Il ne faut pas fétichiser les dates. A l'intérieur (du pays), tous les CLCR (centres locaux de compilation des résultats) ont compilé. Ce travail est avancé à plus de 70% à Kinshasa", où près de 5.500 candidats se sont présentés pour 51 sièges, a-t-il ajouté.

 
Le peuple congolais a faim et soif de Justice et de Paix.

Cenco

01/11/12

 

Le courage de la vérité (cf. 2Cor7, 14)

 

Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais

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Introduction

cenco.jpg1. En ce début de l’année 2012, que Dieu bénisse le peuple congolais et qu’il le garde ! Qu’il lui montre un visage bienveillant et plein de grâce ! Que Dieu lui manifeste sa bonté et qu’il lui accorde la paix ! (cf. Nb 6, 24-26).

2. Réunis en Assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa du 09 au 11 janvier 2012, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), avons, dans un travail concerté, analysé le rapport d’observation électorale menée par notre Eglise.

 
RDC: l'ONG La Voix des Sans-Voix publie un rapport sur les élections.

RFI

08/01/12

 

Une ONG influente en République démocratique du Congo, La Voix des Sans-Voix, a présenté ce dimanche 8 janvier 2012 son rapport final sur le récent processus électoral dans le pays. Dénonçant les fraudes, elle demande désormais aux leaders politiques d’engager un dialogue en vue de sortir de l’actuelle crise politique et d’envisager la tenue de nouvelles élections.

 
L'Eglise catholique durcit le ton en RDC.

RFI

08/01/12

 

cardinal_monsengwo.jpgEn prévision des assises de la Conférence épiscopale nationale du Congo, prévues à partir de lundi, le clergé congolais, solidaire avec son cardinal Monsengwo Laurent Pasinya, annonce qu'il se battra pour le respect de la légalité et de la légitimité. Des actions non violentes seront également à l'ordre du jour.

Ce n’est pas un hasard si le clergé a choisi la paroisse Saint-Joseph de Matonge pour déclarer sa solidarité au Cardinal Monsengwo Pasinya Laurent. C’est tout un symbole.

Sous le régime du maréchal Mobutu, ce lieu situé au centre de Kinshasa, avait accueilli le 16 février 1992, des corps des victimes, tombées lors de la marche pacifique des chrétiens, manifestation à l'appel des prêtres et des laïques, avec une forte participation de la société civile, afin de réclamer la réouverture de la Conférence nationale souveraine.

 
RDC: Déclaration de l’Opposition politique. Print

misere_en_rdc_par_kash.jpg

 Dans moins de six mois, la République démocratique du Congo, notre pays, totalise cinquante ans d’existence. Nous devons interroger notre passé d’une manière froide pour savoir d’où nous venons et où nous allons.

I. De l’Etat, de l’Etat de droit et de la justice

Le Congo est aujourd’hui, par la faute de ses dirigeants, un non Etat. Nous sommes, au mieux, un Etat fragile qui se singularise par la déliquescence et par l’incapacité à asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire.

L’absence ou la fragilité de l’Etat, comme cadre de définition et de gestion de l’intérêt général, compromet gravement l’émergence d’un Etat de droit, génère l’impuissance et le dysfonctionnement de toutes les institutions. Conformément à la Constitution, le pouvoir exécutif devait s’articuler en une structure bicéphale partagée entre un président de la République qui symbolise l’Etat et assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et un premier ministre, chef du gouvernement, qui conduit la politique de la nation. La pratique nous offre un régime asymétrique où le premier ministre est réduit à un simple exécutant. Ce premier ministre est, par ailleurs, paralysé par les querelles et diktats des chefs des partis, transformant le gouvernement en un centre permanent de négociations et d’intrigues politiques.

Le pouvoir législatif, quant à lui, est émasculé. La production législative, même quantitativement significative, est inapte à orienter et à encadrer le jeu politique qui se déroule en dehors du cadre formel. Les procédures sont détournées et la libre expression menacée…

S’agissant de la justice, socle de la démocratie et garantie de tout Etat, elle est tout simplement instrumentalisée, ballottée dans des mouvements de nominations, de révocations et de retraites inconstitutionnelles et clientélistes.

La Constitution, base des institutions, est totalement désorientée et soumise aux secousses et menaces de révisions permanentes. Le patriotisme est érodé. La volonté politique qui doit soulever les montagnes, dans un élan sacré, est totalement inexistante : c’est du chacun pour soi.

Lorsqu’un investisseur est pris d’assaut par l’administration et les gouvernants, seuls parlent les mots commission, concussion et corruption. La bonne gouvernance n’est qu’un concept connu dans l’imaginaire des dirigeants congolais. La tolérance zéro est devenue un slogan. Les grands criminels courent toujours la rue.

Ainsi, faute d’Etat, d’Etat de droit, de justice et d’institutions crédibles, le développement économique devient illusoire.

II. De l’économie congolaise

Alors que notre sol est fertile, nous ne savons pas nourrir notre population, encore moins d’autres peuples. Nous ne savons plus cultiver. Ceux qui vivent dans les milieux ruraux comme en milieu urbain croupissent, tous, dans des conditions infrahumaines. Ils ont cessé de se lamenter ; ils considèrent leurs souffrances comme une fatalité.

Au lendemain du scrutin, le peuple congolais s’attendait à une politique économique rationnelle, cohérente, planifiée, équilibrée et fondée sur des mesures novatrices et courageuses privilégiant les infrastructures de transport, l’économie rurale, une fiscalité de développement et l’élimination des tracasseries administratives et policières afin d’attirer les investisseurs nationaux et étrangers, d’enrayer progressivement l’extraversion et la pauvreté ainsi que de promouvoir une intégration économique nationale.

Face à cette attente, le pouvoir a initié les « cinq chantiers » dont personne ne connaît la philosophie, ni les tenants et les aboutissants. Slogan propagandiste, les « cinq chantiers » ne sont rien d’autre qu’un semblant de politique, du reste, incohérente, totalement déséquilibrée, n’ayant ni objectifs réels quantifiés, ni inventaire précis des moyens adéquats pour leur réalisation, ni volonté affichée des initiateurs de promouvoir une croissance proportionnée.

Depuis 2007, la politique économique du gouvernement semble reposer sur les orientations retenues dans le cadre du Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP), orientations reprises chaque année dans tous les projets de loi budgétaire. Entre-temps, rien de consistant n’a été réalisé à l’effet d’inverser la tendance par rapport aux fléaux tels que : dépendance alimentaire et pauvreté, rétrécissement du marché intérieur, chute des exportations de produits agricoles, déficit du secteur énergétique (eau, électricité, forêts et hydrocarbures), inexistence d’une politique industrielle, platitude des administrations fiscale et douanière, dégradation du climat des affaires, extension du chômage et du sous-emploi.

L’élite politique au pouvoir a choisi le mensonge et l’indifférence comme outils de gouvernance frisant même la complicité voire la trahison face à : *la criminalisation de l’économie notamment par l’exploitation illégale et le pillage des ressources minières du Katanga, dans les trois provinces de l’ancien Kivu et en Province Orientale ; *l’ampleur de l’hémorragie fiscale et des détournements des deniers publics perpétrés dans les institutions étatiques ; *la profusion des constructions immobilières financées par le blanchiment de l’argent sale en lieu et place d’une politique des logements sociaux en faveur des gagne-petit ; *la gestion funeste du secteur des hydrocarbures qui pénalise le Trésor public ; *le délaissement coupable voire le bradage des entreprises publiques et/ou d’économie mixte : SNEL, REGIDESO, GECAMINES, KILO-MOTO, MIBA pour ne citer que celles-là ; *l’enrichissement empressé et sans cause des tenants du régime et de leurs thuriféraires au mépris de l’intérêt général.

La carence d’une vraie politique de développement n’a fait qu’exacerber la désarticulation de l’économie et la crise du secteur agricole et rural totalement laminé par les importations subventionnées dans les pays d’origine, ruiner l’infrastructure manufacturière en butte aux assauts des produits importés, différer l’intégration économique nationale, ajourner le décollage et aggraver le chômage, la pauvreté et la fracture sociale.

III. De la situation sociale

Le pillage et la prédation font du Congolais un être privé de tout alors que son pays constitue un des espaces les plus riches de la planète. Le Congolais de 2010 vit moins bien que celui d’il y a 15 ans et dramatiquement encore que celui de 1960.

Ainsi, en matière d’éducation, nous avons enregistré un violent recul, de l’école maternelle à l’enseignement supérieur et universitaire. En ce qui concerne particulièrement l’université, l’explosion des effectifs a atteint, dans certaines facultés, un dépassement de 560% de la capacité d’accueil.

S’agissant de la santé, le taux brut de mortalité est de 57 fois plus élevé que le taux moyen en Afrique subsaharienne.

Quant à l’eau potable, seulement 22% de la population y ont accès dans un pays qui regorge 60% de l’eau du Bassin du Congo. De même, le taux d’électrification est des plus faibles du continent. Il atteint à peine 6% alors que le potentiel hydroélectrique de la RDC représente 13% de celui du monde.

Concernant l’habitat, aucune politique ne semble avoir été élaborée et mise en œuvre, en dépit de l’ampleur des besoins en logements sociaux dont le déficit annuel se situe à 240.000 logements, tel qu’indiqué dans le DSCRP.

IV. De la paix et de la sécurité

La situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire est préoccupante et incertaine. L’absence d’un dispositif défensif crédible condamne la Nation à la vulnérabilité par rapport aux menaces réelles ou virtuelles et la prive de toute capacité d’action, de protection et de projection de son avenir.

A l’Est, par exemple, les FDLR, malgré les proclamations des uns et des autres, conservent toute leur capacité de nuisance, et plus encore, ils ont étendu leur espace opérationnel et leur puissance en signant des accords avec des groupes armés nationaux.

Au Nord-Est, les LRA qui se réorganisent, continuent de tuer, de violer et d’enlever des jeunes filles et garçons dans le Haut-Uélé et dans le Bas-Uélé. De même, les bruits de bottes et de canons recommencent en Ituri sur fond de violation de nos frontières.

A l’Ouest, plus ou moins préservé malgré les brimades et les représailles disproportionnées qui ont frappé les populations du Bas-Congo, les risques d’embrasement se précisent à l’Equateur. A Dongo, dans le cas d’espèce, des mouvements consécutifs à un déficit de gouvernance semblent vouloir engager l’Etat dans une dynamique de subversion-répression.

En somme, toutes ces explosions sont l’expression d’une problématique centrale, celle d’une absence de stratégie nationale de sécurité post-conflit et post-électorale, l’offre gouvernementale étant faible. Au refus d’aborder les problèmes dans une perspective démocratique, l’approche gouvernementale privilégie le recours à la violence, à tout le moins, improductive.

V. Conclusion

L’état des lieux tel que brossé ci-dessus se révèle inquiétant. Pareille gestion ne peut continuer indéfiniment sans hypothéquer durablement l’avenir de tout un peuple. Trois ans après le début de la Législature, il est impérieux pour le pouvoir en place de s’arrêter un moment, évaluer le parcours et réajuster le tir, corriger les dérives afin de garantir une fin heureuse pour le reste du mandat.

L’occasion du cinquantenaire de l’indépendance doit être exploitée par les dirigeants en vue de se ressaisir, de trouver des repères pour prendre un nouvel élan fondateur d’un vrai Etat de droit capable de redonner confiance et espoir aux Congolais aujourd’hui résignés.

Le peuple congolais doit se réveiller, se prendre en charge et lutter pour la conquête de ses droits. Car, dit-on, chaque liberté acquise est en réalité une liberté conquise. Fait à Kinshasa, le 21 janvier 2010

 

Jacques Djoli Iseng’Ekeli

Florentin Mokonda Bonza

Moïse Nyarugabo Muhizi

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