| RDC: Kinshasa pleure ses morts. |
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Colette Braeckman 25/03/07 A part quelques poches de résistance dans le quartier de N’Dolo et le danger que représentent encore les hommes de Bemba en cavale dans la ville, Kinshasa a retrouvé un certain calme. Mais la violence des jours précédents a fait place à la consternation. D’heure en heure, à mesure que des corps sont découverts et que des blessés arrivent dans les hôpitaux, le bilan s’alourdit : 90 morts recensés à la morgue de l’hôpital général, 20 à Kintambo, 148 blessés graves identifiés par la seule Caritas. Ce bilan humain s’ajoute aux nombreuses destructions matérielles et il traumatise la classe politique.
« Au total, on dépasse déjà les 300 morts » nous assure le Ministre du Plan Olivier Kamitatu. C’est que les hommes de Bemba, en débandade, se sont dispersés dans les quartiers populaires où ils ont commis meurtres et pillages. Certains d’entre eux avaient tenté de fuir vers Brazzaville à bord de deux bateaux, mais ils n’ont pu accoster, tandis que des obus frappaient la capitale voisine. Trois cent hommes se sont rendus à la Mission des Nations unies au Congo qui les a désarmés. Du côté gouvernemental, on reconnaît que l’alerte a été chaude: « c’est l’intervention de la garde présidentielle qui nous a sauvés» nous déclare un officier «car la 7eme Brigade, dépêchée autour de la résidence de Bemba s’était fait enfoncer. Sans la GP, nous perdions la partie…»
A mesure que la ville repasse sous le contrôle des forces gouvernementales, les découvertes se multiplient: dépôts d’armes, stocks d’uniformes divers, y compris des tenues de la garde présidentielle, ce qui laisse penser que certains assassinats ciblés commis ces derniers temps, y compris contre des officiers supérieurs, ainsi que des actes de banditisme, étaient l’oeuvre de provocateurs déguisés en GP… Ces préparatifs insurrectionnels, que les services de sécurité dénonçaient depuis longtemps expliquent la fermeté actuelle des autorités qui entendent faire comparaître Jean-Pierre Bemba devant les tribunaux, où il sera accusé d’entretien de milice, un crime de «haute trahison» Auparavant, l’Assemblée devra voter la levée de son immunité de sénateur, en se fondant sur la notion de « flagrance» c’est à dire d’atteinte visible aux institutions.
Le Carnet de COLETTE BRAECKMAN
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