| RDC: Lettre ouverte à Monsieur Joseph KABILA. |
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This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it Lettre ouverte à Monsieur Joseph KABILA, Président de la République et Commandant Suprême des Forces Armées de la RDC Objet : Echec programmé de votre mandature Monsieur le président de la République, Quand on a été élu au suffrage universel direct pour exercer les plus hautes responsabilités au sein de l’Etat ; celles de Chef de l’Etat Congolais, en l’ occurrence- il y a des bornes que , par devoir , on s’interdit de franchir, car lorsqu’elles sont franchies, il n’ y a plus de limites. Ou alors apparaissent dans leur désolante nudité celles de l’élu jusque-là occultées par une campagne électorale démagogique savamment orchestrée par les parrains et les thuriféraires de tous bords afin de rendre le peuple dupe. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Pour ce qui vous concerne, vous venez de franchir le Rubicon de la faute politique de premier ordre à l’ occasion de votre conférence de presse de ce lundi 26 courant à Kinshasa. En effet, en répondant sans discernement aucun à la question relative au programme de mixage en cours au sein des FARDC basées au Nord Kivu, ainsi qu’au sort réservé à l’un des artisans majeurs de ce programme, à savoir le Général Laurent NKUNDA MIHIGO, vous avez manifestement manqué l’occasion de vous taire, puisque vous avez sans détour démontré que vous ne tenez pas parole. Or, un pays, un Etat, une Nation perd tout crédit, lorsque son Chef se signale régulièrement par le manque de respect à la parole donnée. La RDC en est un exemple désolant, Tenez : C’est Joseph-Désiré MOBUTU qui en 1968, envoie Justin-Marie BOMBOKO à Brazzaville négocier le retour au bercail de Pierre MULELE contre la vie sauve, mais qui contre toute attente, le fait fusiller le soir même de son arrivée. C’est votre propre père Désiré KABILA et prédécesseur qui en 1997 accède à la tête de l’Etat littéralement porté par l’ Armée Patriotique Rwandaise (APR) et qui après le renvoi ingrat de celle-ci, en juillet 1998, n’hésite pas à génocider les tutsis, congolais compris, partout sur le territoire national. C’est vous-même Joseph KABILA enfin qui attire Thomas LUBANGA dans le piège à rat du Grand-Hôtel de Kinshasa où il s’ était rendu contre votre promesse de le promouvoir à des hautes fonctions publiques au sein du Gouvernement et que, sans une once de remords, vous livrez nuitamment aux procureurs de la Haye. Mais, à quelque chose malheur est bon, dit-on. Grâce à vos propos d’hier qui ne souffrent d’aucune ambiguïté, le Général Laurent NKUNDA sait désormais à quoi s’en tenir sur le discours lénifiant que lui tient depuis début Janvier votre envoyé personnel au Nord Kivu, le Général John NUMBI, chef d’Etat-major de la force Aérienne Congolaise. Je résume : « Mon cher jeune frère Laurent, j’ai été envoyé ici, au Nord-Kivu, par le chef de l’Etat en personne, son Excellence Monsieur Joseph Kabila, Commandant suprême des FARDC. Il a été élu dans cette Province à Plus de 98% et il ne peut se faire à l’idée de porter la guerre au sein d’une population qui l’a plébiscité à ce point. Vous êtes officier général des FARDC. Certes, des poursuites judiciaires ont été engagées contre vous pour manquement à la discipline militaire. Mais vos revendications sont justes et vont progressivement recevoir des réponses appropriées, si vous acceptez de rentrer dans les rangs de l’Armée et d’y ramener tous les jeunes gens qui vous ont suivi. Le commandant suprême vous propose donc une paix des braves, sans vainqueur ni vaincu. Quant à votre sort personnel, le chef de l’ Etat a d’ores et déjà décidé de passer l’éponge et de vous confier dans un avenir pas très éloigné de hautes responsabilités au sein de la hiérarchie des FARDC ». Monsieur le Président, après vos propos d’hier, de deux choses l’une : ou le Général John NIMBI est de connivence avec vous et applique simplement le vieil adage de mon village selon lequel « qui veut terrasser un taureau commence par le caresser doucement » ou vous venez proprement de lui tirer une balle dans le pied, auquel cas c’est votre tendon d’ Achille qui vient sûrement de péter. Avez-vous pris la mesure, Monsieur le Président de l’immense désaveu que vous venez d’infliger à votre envoyé personnel au Nord Kivu ? Ne vous a-t-on pas rapporté que vendredi dernier à Kimoka, prés de Sake à l’occasion du ‘’ passout’’ de la dernière brigade mixée, la Brigade ECHO, le gouverneur de Province Julien PALUKU a présenté à la population, qui l’a follement ovationné, le Général NKUNDA que pour votre part, vous continuez à vouer aux gémonies ? Le représentant du chef de l’Etat dans la Province, mais qui en est aussi l’élu, n’a-t-il pas déclaré sous les applaudissements d’une foule enthousiaste avoir pour ambition de ramener la paix au Nord Kivu grâce au Général NKUNDA et qu’en échange, ils prétendraient tous les deux au prix Nobel de la paix ? Vous aura-t-il échappé qu’à la même occasion, votre envoyé personnel, le Général NUMBI a présenté Laurent NKUNDA comme Officier Général des FARDC qu’il exhortait à l’aider sans relâche dans la poursuite du programme de mixage des troupes ? Mais, d’un mot de trop, d’un seul, vous avez réduit à néant les efforts méritoires de ces deux généraux patriotes. Par amateurisme, sinon par immaturité politique, vous venez de casser une dynamique destinée à instaurer durablement la paix, la concorde et la réconciliation dans le pays. Vous venez de faire voler en éclat l’espérance de tout un peuple qui n’aspire qu’à la paix. Il pourrait bien s’en souvenir au prochain scrutin présidentiel et vous le faire payer au prix fort. Car, en effet, vous venez de rendre sa liberté de manœuvre au général NKUNDA. Depuis sa rencontre à Kigali avec votre envoyé personnel, sous la facilitation rwandaise, le Général NKUNDA était lié par votre promesse et votre parole. Vous venez d’indiquer, sans détour que celles-ci n’engagent que ceux qui ont la naïveté d’y croire. Dont acte. Fin Novembre 2006, vous aviez engagé contre lui pas moins de 7 brigades dont 5 avaient été formées dans divers centres de brassage disséminés à travers le pays. Elles ont été défaites et n’ont dû leur salut qu’à l’insistance avec laquelle et votre envoyé personnel et le commandant de la Force Terrestre ont mise à persuader Laurent NKUNDA d’ arrêter la progression de ses hommes en vue de négocier les conditions de la paix. Sans doute dopé ou aveuglé par votre victoire dans la capitale sur votre copain de « l’Hôtel Cascades », Jean Pierre BEMBA, vous avez estimé devoir vous déjuger publiquement sur la question du Général Laurent NKUNDA. Eh bien, laissez-moi vous dire que vous avez eu tort. NKUNDA porte une cause, il défend tout un peuple que vous projetez d’ asservir, il commande une vraie armée qui sait ce qu’elle veut et pourquoi elle se bat. Face à elle, vous n’avez aucune chance, même en cédant KAHEMBA contre un hypothétique appui militaire angolais. Cette partie de l’armée devait devenir bouclier, vous l’avez perforé, ce général devait devenir votre atout, vous l’avez renié. Puisque tel est votre choix, vous allez devoir l’assumer. Mais, je crains que la carrure de vos épaules ne soit pas assez large pour suffire à la tâche et que votre mandature n’en prenne un coup définitivement mortel. L’échec assuré est, en effet, la rançon de la forfaiture. Tant pis vous l’ aurez cherché. Veuillez agréer, Monsieur le Président l’expression des seuls respects qu’un citoyen bien élevé doit à son chef de l’Etat. Fait à Fort Worth, le 27 mars 2007 El Memeyi Murangwa
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