Navigation:    Accueil arrow Congo arrow Cardinal Joseph Albert Malula, 17 décembre 1917 - 14 juin 1989.

Nouvelles en bref

RDC: Une initiative délibérée du gouvernement continue à faire des victimes inutiles.

VirungaNews

23/05/12

 

personnes_deplacees.jpgLes contres vérités sur la situation militaire dans le territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu se trouvent loin de convaincre ceux qui observent méticuleusement l’évolution de la situation sur terrain. En effet Kinshasa qui prétend mener son offensive pour capturer le général Bosco Ntaganda semble le chercher en sens inverse pendant que le Wanted-Terminator se la coule douce dans sa ferme de Bunyole, située en territoire de Masisi (Nord-Kivu).  

 
RDC: Gen. Ntaganda is only a pawn in a wider game.

Joseph Rwagatare

07/05/12

 

When strangers wail louder than the bereaved, you must be on your guard. Something is not quite right. They are hiding something, probably some involvement in the cause of the bereavement. Or they are plotting something sinister against the grieving people or their neighbours.

The wailing is very often unnaturally loud that it must surely be contrived. Other times it is so vicious you can’t distinguish between the loud cries and baying for blood.

This seems to have been the case in the Eastern Democratic Republic of Congo (DRC) in the last several weeks.

 
RDC: Kinshasa impose une nouvelle guerre face à la revendication des mutins du Kivu.

El Memeyi Murangwa

07/05/12

makenga_sultani.jpgContrairement aux déclarations rusées du général FARDC, Didier Etumba, de suspendre les opérations militaires contre la mutinerie, Joseph Kabila est décidé à en découdre avec les mutins qui en majorité sont des ex-militaires du Congrès national pour la défense du peuple, mouvement politico-militaire qui dans un récent passé n’a cessé de donner du fil à retordre à la garde prétorienne de Kabila présentée au front comme l’armée de la république.

 
RDC: 80 nouvelles défections de soldats ex-rebelles, dont un proche de Ntaganda.

AFP

04/5/12

 

GOMA (RDCongo) - Environ 80 soldats de l'armée congolaise ont fait défection jeudi dans l'est de la RDC, dont le colonel Sultani Makenga, qui fut adjoint du général Bosco Ntaganda dans l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), a-t-on appris de source militaire.

Le colonel Makenga et le lieutenant-colonel Masozera ont fait défection dans la nuit de jeudi avec leurs hommes, dans la ville de Goma, capitale de la province instable du Nord-Kivu (est) frontalière avec le Rwanda, a déclaré à l'AFP un commandant des Forces armées (FARDC).

Nous avons récupéré 80 tenues avec bottines dans le cimetière du quartier Bujovu, a indiqué cette source, qui a requis l'anonymat.

Le général Ntaganda était numéro 2 du CNDP, et le colonel Makenga était son adjoint dans cette rébellion intégrée en 2009 dans l'armée.

 
RDC: L’irresponsabilité du gouvernement central à la base de l’insécurité grandissante au Kivu.

El Memeyi Murangwa

5/03/12

fardc.jpgDe par la volonté des dirigeants irresponsables, le Kivu est entrain de vivre une situation de plus confuse engendrée par le non-paiement de la solde aux militaires et le non-respect des engagements exprimés à travers le communiqué rendu public le 16 janvier 2009 et  l’accord politique signé à Goma le 23 mars 2009. Le processus de paix semble revenir à la case départ,  et cette fois ci l’agresseur n’est autre que l’Agent payeur (Gouvernement).

Une armée chosifiée

L’armée nationale de la RDC, connue sous le diminutif «  FARDC » jadis fierté de l’Afrique Centrale se trouve être la plus misérable du continent africain.  Réduite en une bande des pilleurs et violeurs attitrés, les militaires congolais vivent sur le dos d’une population paupérisée par une classe dirigeante préoccupée plus à mener une vie ostentatoire avec les revenus de l’Etat. 

 
Cardinal Joseph Albert Malula, 17 décembre 1917 - 14 juin 1989. Print

 

 

cardinal_malula.jpgJoseph Malula est né le 17 décembre 1917 à Léopoldville (actuellement Kinshasa). Après avoir terminé ses études au Grand Séminaire de Kabwe, il fut le premier curé noir à la paroisse Christ-Roi de Kinshasa. En 1959, il fut sacré évêque auxillaire puis promis archevêque de Kinshasa en 1964. Il devint enfin cardinal en 1969.

En 1965, quand le général Mobutu avait pris le pouvoir, Malula avait vu cela d'un oeil positif car il croyait pouvoir collaborer avec le nouveau régime pour émanciper la société congolaise. En effet, au début de son règne, le général Mobutu avait manifesté les qualités nécessaires pour diriger la nation congolaise en mettant fin aux différentes guerres de sécession et au chaos politique qui régnait dans le pays. Il avait également réussi à réunifier le pays. Sa doctrine de recours à l'authenticité avait plu aux congolais puisque pour eux, c'était une façon de faire valoir leur identité aux yeux du monde.

Les idées du général coincidaient avec celles de Malula. En effet, le cardinal Malula plaidait pour une africanisation du catholicisme romain et pour cette raison il encourageait une "insertion objective" de l'église dans le projet nationaliste du nouveau régime. Il prônait le projet d'une "église catholique congolaise dans la nation congolaise." En réalité, Malula voulait une certaine autonomie du catholicisme congolais vis-à-vis de Rome et surtout de l'église missionnaire belge.

Comme on devait s'y attendre, cela ne pouvait plaire ni à Rome ni aux différentes institutions missionnaires belges. On ne tarda pas à soupçonner des tendances schismatiques dans la volonté de l'archevêque de Kinshasa. Pendant ce temps, Malula avait vraisemblablement un appui de la part du président Mobutu.

Les relations commencèrent à se refroidir entre les deux hommes quand les premiers abus du pouvoir se manifestèrent. En effet, en 1967, le "Manifeste de la N'sélé," la charte du parti unique dans le pays fut publié. Le parti s'appelait "Mouvement Populaire de la Révolution" (MPR) et sa doctrine était le mobutisme, du nom de son fondateur. La dictature s'installait progressivement dans le pays. Mobutu, président fondateur du MPR, devenait de plus en plus puissant et jouissait de tous les pouvoirs. La constitution de 1967, votée par une sorte de référendum stipulait: "outre qu'il [le président] concentre entre ses mains tous les pouvoirs, celui-ci n'est pas tenu de prendre certaines de ses décisions en conseil de ministres et il peut signer seul tous ses actes." C'était le début de la destruction des structures sociales, économiques et politiques du pays.

Face à tout cela, les autorités catholiques furent les premières à dénoncer le laxisme et l'injustice sociale du régime. Ainsi, le 4 janvier 1969, lors d'une célébration religieuse à l'occasion de la commémoration des martyrs de l'indépendance, le cardinal Malula critiqua-t-il, dans son homélie, l'absence de justice distributive dans la politique sociale du régime mobutiste.

Le 12 juin 1969, les autorités politiques décidèrent que le "Manifeste de la N'sélé" serait enseigné dans toutes les écoles du pays. Cette décision rencontra une résistance de la part des autorités ecclésiastiques qui voyaient en cela une politisation du système éducatif. Le projet échoua.

Le 30 juillet, suite à une manifestation estudiantine de l'Université Catholique Lovanium, le bureau politique du MPR décida la dissolution de toutes les associations de la jeunesse au profit de la Jeunesse du Mouvement Populaire de la Révolution (JMPR). Ainsi toutes les organisations des jeunes au sein de l'Église Catholique qui en faisaient sa fierté et sa force se retrouvaient-elles purement et simplement interdites. En février 1971, Mobutu promulga une loi interdisant l'utilisation de prénoms occidentaux qui devaient être remplacés par des noms "authentiquement africains." Chacun devait aussi se choisir un postnom (ou "nom de famille") africain parmi les noms de ses ascendants. Mobutu, qui s'appelait Joseph-Désiré, devint Sese Seko Kuku Gbendu wa Zabanga, dont la signification étrange est "le coq ne laissant aucune jeune poule intacte."

En septembre 1971, le gouvernement ordonna l'étatisation de l'Université Catholique Lovanium de Kinshasa ainsi que l'Université Libre du Congo, une université protestante à Kisangani. Cette étatisation s'accompagna d'une fusion de ces deux universités avec l'université d'état de Lubumbashi, ce qui donna une nouvelle structure académique dénommée "Université Nationale du Zaïre" (UNAZA). L'étatisation de l'université catholique constitua l'apogée de l'épreuve de force du régime face à l'autorité ecclésiastique.

En tout cela, un esprit anti-régime se dessinait de plus en plus parmi les responsables catholiques. Toutefois, certains évêques se montraient prudents et réservés. Le cardinal Malula parut comme le chef de file des prélats ouvertement mécontents du régime mobutiste. Il écrivit une lettre circulaire par laquelle il mettait en garde les prêtres de sa juridiction contre l'usage des postnoms au moment du baptême. Dans le même sens, l'hebdomadaire catholique, Afrique Chrétienne, publia un article le 26 janvier 1972 dont voici un extrait:
Allons-nous exhumer de la nuit du passé une philosophie africaine originale qui n'a pu être, si du moins elle a un jour existé, que l'expression d'une situation et d'une vie sociale à jamais périmées...il ne s'agit plus aujourd'hui de nous procurer l'ephémère satisfaction de réclamer à grands cris qu'on reconnaisse notre droit d'être nous-mêmes et de nous amuser à saccager notre passé de colonisés... Il faut passer aux actes et imposer par des réalisations de tous ordres notre dignité d'hommes africains. La question n'est pas de brandir des slogans sur notre originalité, nos valeurs... mais bien de mettre en oeuvre, aux yeux du monde cette originalité et ces valeurs.
Comme on devait s'y attendre, l'hebdomadaire catholique fut saisi et frappé d'interdiction. Cette mesure s'étendit à toute littérature religieuse sans distinction de confession. La crise entre les autorités catholiques et le régime mobutiste était alors à son comble. Cependant, Mobutu, qui reconnaissait la puissance de l'Église Catholique dans le pays, répéta dans plusieurs de ses discours: "Je ne suis pas contre l'Église Catholique, je suis contre l'individu Malula." Son but était sans doute de rassurer la masse de fidèles catholiques ainsi que l'opinion internationale qu'il s'agissait d'un conflit entre lui et Malula et que cela n'engageait ni son gouvernement ni l'Église Catholique.

Malula devint alors la cible privilégiée du pouvoir. Il fut l'objet de brutalités avant d'être dépossédé de sa résidence, qui devint le quartier général de la JMPR. En 1972, Malula s'exila en Belgique. Pendant son absence, une campagne radiodiffusée battait son plein contre "le cardinal diabolique" et "le caméléon." Il ne revint au pays que grâce à la négociation des diplomates du Vatican.

De retour au pays, Malula s'intéressa plus à la théologie qu'à la politique. Au synode catholique de 1974, il eut un langage visiblement très proche de celui des idéologues mobutistes. Il réussit à élaborer une liturgie africaine en utilisant la langue du peuple, le lingala. Il lança une expression qui, depuis lors, est restée célèbre: "Hier les missionnaires étrangers ont christianisé l'Afrique, aujourd'hui les négro-africains vont africaniser le christianisme."

Au cours de la même année (1974), Malula installa officiellement les "Bakambi" ou "Gardiens." Ce sont des laïcs qui, après avoir reçu une formation appropriée, sont affectés comme responsables des entités ecclésiastiques.

Le cardinal Malula est considéré comme l'un des fondateurs de la théologie africaine. Il mourut en 1989, officiellement des suites d'une hypertension, mais il est probable que c'était pour des raisons politiques. Beaucoup croient qu'il a été empoisonné par des émissaires de Mobutu.

 

Révérend Yossa Way


Cet article, reçu en 2002, est le produit des recherches du Révérend Yossa Way. Celui-ci est professeur de théologie à l'Institut Supérieur Théologique Anglican (Bunia, Rép. Dém. du Congo) et récipiendaire de la bourse du Projet Luc

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