RDC: des députés des Kivu (est) suspendent leur participation à l’Assemblée.

AFP

29/05/07

Des députés du Nord et Sud-Kivu, provinces de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) marquée par des violences, ont annoncé lundi la suspension de leur participation à l'Assemblée, en attendant des signes forts du rétablissement de la sécurité.

"Nous, députés du Nord et du Sud-Kivu, (…) décidons de suspendre notre participation aux travaux de l'Assemblée nationale. Ceci jusqu'à ce que des signaux clairs et forts dans le sens du rétablissement de la paix soient donnés à l'endroit de nos populations martyrisées", a déclaré Emmanuel Bahati, député du Nord-Kivu et élu de la majorité présidentielle.

Toutefois, cette motion n'a pas été suivie par l'ensemble des députés des Kivu, dont plusieurs ont estimé dangereux de boycotter la plénière alors que l'Assemblée venait de débuter l'examen de la loi budgétaire.

La situation sécuritaire et humanitaire n'a cessé de se dégrader dans les deux Kivu depuis le début de l'année. Au Nord-Kivu, des combats contre des rebelles rwandais et le déploiement de nouvelles brigades intégrant d'ex-soldats insurgés ont contribué au déplacement de plus de 113.000 personnes depuis la mi-janvier.

Au Sud-Kivu, un massacre d'une ampleur sans égale depuis deux ans a secoué ce week-end la collectivité de Kanyola, où au moins 18 villageois ont été tués à l'arme blanche dans leur sommeil par de présumés rebelles hutus rwandais.

En dépit d'interpellations à l'assemblée, le gouvernement "n'a rien fait pour apporter un début de solution aux souffrances de nos populations", a déclaré M. Bahati.

"Bien au contraire, ce gouvernement ne fait que nous distraire par des solutions biaisées, du genre +table ronde intercommunautaire+", a-t-il poursuivi, en référence à une proposition du ministre de l'Intérieur, massivement rejetée par les élus locaux qui estiment que les problèmes de sécurité ne sont pas uniquement d'ordre ethnique et communautaires.

A la suite de cette intervention, le président de l'Assemblée, Vital Kamerhe, a annoncé une suspension de séance d'une demi-heure.

A la reprise des débats, de nombreux députés des Kivu étaient présents et ont salué les efforts prévus en matière de sécurité dans le budget 2007, a constaté l'AFP.

En ouverture de la séance, le Premier ministre Antoine Gizenga avait appelé à une minute de silence pour les victimes de Kanyola.

 

AFP

Leave a Reply