RDC: “Accord de principe” pour une évacuation sanitaire de M. Bemba (Portugal)

AFP

01/04/07

L'ambassadeur du Portugal en République démocratique du Congo (RDC) a affirmé dimanche qu'un "accord de principe" était acquis pour une évacuation sanitaire de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, qui s'est engagé à n'avoir "aucune activité politique" au Portugal.

"Il y a un accord de principe entre M. Bemba, les autorités congolaises, la Monuc (Mission de l'ONU en RDC) et le Portugal pour cette évacuation", a déclaré à l'AFP l'ambassadeur Alfredo Duarte Cost

 


"M. Bemba a formulé par écrit une demande pour être soigné au Portugal et s'est engagé à n'avoir aucune activité politique tant qu'il sera sur le sol portugais", a-t-il poursuivi.Le sénateur Bemba souhaite "partir pour quelques semaines" pour soigner une jambe fracturée pour laquelle il avait déjà été traité en décembre 2006 dans une clinique de Lisbonne, selon son entourage.

"Il faut simplement que du côté des autorités congolaises, l'accord verbal donné au départ de M. Bemba pour des soins devienne un accord écrit", a ajouté M. Duarte Costa, espérant voir la situation se débloquer dans les prochains jours.

"Il faut bien comprendre que le Portugal n'est qu'un facilitateur. Nous n'avons aucun intérêt dans cette affaire, si ce n'est, comme nous l'avons toujours fait, d'aider le Congo à retrouver la paix et la stabilité", a souligné l'ambassadeur.

Le sénateur Bemba est "hébergé" depuis le 22 mars dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa, où il s'est réfugié au premier des deux jours de violents affrontements entre l'armée régulière et sa garde rapprochée, qui a été totalement défaite.

Ces violences ont fait au moins 163 morts selon l'ONG catholique Caritas et plus de 200 selon des sources diplomatiques.

L'adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006 s'opposait à l'intégration de ses hommes à l'armée nationale, estimant n'avoir pas de garantie suffisante pour sa propre sécurité.

Le gouvernement accuse M. Bemba, chef d'une ex-rébellion muée en parti politique à la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2006), d'avoir entretenu "une milice".

Le parquet général a ouvert le 23 mars une "information judiciaire" qui pourrait déboucher sur des poursuites contre le sénateur Bemba, actuellement couvert par son immunité parlementaire.

"Il y a des durs dans le camp présidentiel et au gouvernement qui voudraient voir Bemba arrêté. Ce n'est visiblement pas la position du président Kabila et du médiateur des autorités (Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale), qui ne ménage pas ses efforts dans cette crise", a affirmé un autre diplomate à Kinshasa.

Le président Kabila, qui se trouve depuis vendredi soir à Lubumbashi (sud-est), devrait regagner lundi la capitale.

 

AFP

 

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