Ruben Um Nyobe, un Grand Africain.

VirungaNews

29/11/13

ruben_um_nyobe.jpgRuben Um Nyobe, surnommé « Mpodol », est un dirigeant camerounais et précurseur des indépendances en Afrique francophone. Il est né en 1913 à Eog Makon et mort assassiné par l'armée française le 13 septembre 1958 en pays Bassas.

Visionnaire Um Nyobe a laissé aux africains un grand testament  dans  ce passage : «Les colonialistes dressent tribu contre tribu en faisant croire aux uns qu’ils sont plus intelligents et aux autres qu’ils sont très riches et vont dominer le pays. Les uns et les autres croient naïvement à cela et se livrent à de vaines luttes intestines qui aboutissent finalement à la ruine de tous et le seul qui profite, c’est le colonisateur. Ils dressent chefs contre intellectuels en faisant croire aux uns qu’ils sont les détenteurs de la tradition et que le pouvoir leur revient, aux autres qu’ils sont « comme les Blancs » et que c’est à eux que revient le privilège de la civilisation moderne. Mais les colonialistes ne croient ni au pouvoir du chef ni à l’intelligence de l’homme dit « évolué ». Ils cherchent tout simplement à puiser dans la haine de ceux-là, le plus de profit et le prolongement de la misère de tous. »

En Afrique la lutte pour la véritable indépendance à l’ égard des puissances coloniales est d’un bilan amer.  55 ans après l’ignoble assassinat de Ruben Um Nyobe, les nationalistes africains continuent à payer le prix fort. Assassinats (Patrice Lumumba, Pierre Mulele, Prince Louis Rwagasore, Tom Mboya, Tafawa Balewa, Mwami Charles Mutara Rudahigwa, Marien Ngouabi, Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi etc…) continuent de régresser l’envol du continent vers une prise en charge effective. Il en est de même de la nouvelle trouvaille néo-colonialiste qu’est le tribunal pénal international (CPI) qui a pour seule mission de mettre au frais ceux des leaders africains qui dérangent les intérêts mesquins de la métropole.

Comme en 1952 au Cameroun, la stratégie du bourrage des urnes en Afrique francophone se porte à merveille. Les dictateurs bannis lors des campagnes électorales françaises reçoivent très vite l’accolade de l’Elysée.

«Dans un pays où la population ne vit pas mieux, c'est un pays qui sera rapidement englouti par des spéculateurs professionnels et on finit par s'éloigner de la vigilance des mesures fortes pour le bien-être du people,» avisa Marien Ngouabi peu avant son assassinat.

Quoique mal aimés en Occident, certains leaders sur le continent  s’efforcent à combattre la corruption, et commencent enfin à mettre en pratique ce riche enseignement de Franz Fanon: «Le grand succès des ennemis de l'Afrique, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. »

Comme l’a si bien dit René Dumont, L’Afrique pour son développement doit repenser son école, ses cadres, et ses structures.

El Memeyi Murangwa 1 817-690-6863  Twitter:

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