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Courrierinternational
18/11/08
Le journaliste belge Thomas Scheen, qui couvre le conflit du Kivu pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, a été enlevé le 4 novembre par des miliciens maï-maï. Trois jours plus tard, il était libéré. Il raconte.
Théophile Mpabuka en est encore à vanter fièrement les mérites de la rébellion de Laurent Nkunda quand, brutalement, des jeunes, armés de sagaies, de couteaux et d'armes à feu, font irruption dans la cour du petit hôtel isolé de Kiwanja. L'un d'eux entre dans la pièce où nous nous entretenons avec le nouvel administrateur du district – un partisan de Nkunda. Sans un mot, il jette un coup d'œil à la ronde et s'en va. "Ce sont des Maï-Maï", murmure Charles, mon interprète. Dehors, des coups de feu retentissent.
Nous sommes mardi 4 novembre ; il est 13 heures, et dans les bourgades de Rutshuru et Kiwanja, dans l'est du Congo, où les forces de Nkunda se sont installées depuis près de deux semaines, rien n'annonçait une attaque de la milice progouvernementale des Maï-Maï. Au contraire, les organisations humanitaires faisaient la queue auprès des représentants des rebelles pour obtenir l'autorisation de travailler, tant la région semblait calme après le retrait de l'armée congolaise. Autour de l'hôtel Grefamu, où nous nous trouvons, les combats se durcissent. Nous nous mettons à couvert. Deux heures plus tard, le bruit des affrontements se déplace vers l'est. La route qui mène à Goma passe à l'ouest de Kiwanja. Je décide de tenter le coup. Nous – mon chauffeur, Roger Bamkana, mon interprète, Charles Ntiricya, le partisan de Nkunda, Théophile Mpabuka, et moi – montons dans la voiture et nous filons vers le sud, en direction de Rutshuru. Il est 15 heures.
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